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Un journal italien a déclaré que le FMI aiderait l'Italie

Marchés actions : Après un mois de novembre maussade orienté à la baisse, cette semaine s'est particulièrement démarquée puisque les marchés ont fortement rebondi. La tendance a été unidirectionnelle et à la hausse contrairement au début du mois. Les investisseurs continuent d'être préoccupés par la crise de la dette souveraine en Europe et surveillent étroitement les évolutions des économies chinoises et américaines.

Comme chaque semaine, l'actualité macro-économique a été particulièrement agitée pour le continent européen. Depuis que plusieurs pays sont menacés de faillite, les dirigeants et institutions multiplient les annonces et les mesures afin d'endiguer la crise, avec plus ou moins de succès. Lundi, un début de rebond s'est formé grâce à une rumeur : pendant le week end, un journal italien a déclaré que le FMI aiderait l'Italie en lui fournissant un prêt avantageux de 400 à 600 milliards d'euros en échange d'une politique de rigueur affermie. Bien que la nouvelle ait été rapidement écartée, elle était accompagnée d'une autre annonce d'envergure : le couple franco allemand a annoncé être entrain de travailler sur une réforme des traités européens. Cela est de bon augure pour l'Europe puisque les nouveaux traités devraient apporter plus de stabilité financière dans la zone et mener à la création d'un véritable gouvernement pour la zone euro. Par ailleurs, d'autres bonnes nouvelles sont venues ponctuer la semaine : la Grèce a enfin reçu sa sixième tranche d'aides et surtout six grandes banques centrales ont annoncé qu'elles uniraient leurs forces afin de supporter la zone euro et son secteur bancaire. En abaissant les taux de swap de cinquante points de base, elles réduisent de moitié les coûts de refinancement en dollars pour les banques européennes. Ainsi, la Banque Centrale Européenne sera en mesure de fournir tout un panel de devises aux banques afin qu'elles puissent s'approvisionner en monnaies étrangères sans souffrir de la méfiance des marchés. Si cette mesure est très positive puisqu'elle évitera un « credit crunch », elle témoigne néanmoins de la gravité de la situation actuelle : jamais les banques centrales n'avaient eu besoin d'aller aussi loin afin de supporter une économie.

Malgré la hausse des indices, plusieurs nouvelles inquiétantes pour l'Europe ont été publiées mais partiellement laissée de coté par les investisseurs. D'abord, les agences de notation ont remis la pression sur l'Europe et spécialement la France, en menaçant de dégrader tout le secteur bancaire européen et faire passer en perspective négative la note française si la crise de la dette s'aggrave. La fragilité du triple A français a remis en cause le plan établit le 27 octobre prochain. En début de semaine, les Etats européens ont annoncé qu'ils avaient été trop « ambitieux » vis-à-vis du plan du sauvetage, puisqu'ils n'ont pas les moyens de le mettre en place. Les dissidences européennes, la montée des taux et la fragilité des dettes des économies les plus solides de la zone ont abouti à la déclaration suivante : le FESF n'atteindra pas le montant de 1 000 milliards d'euros prévu à l'origine. Les obligations allemandes n'attirent plus autant les investisseurs et le triple A français ne sera peut être pas maintenu. Pour l'instant, aucun montant précis n'a été annoncé, mais le FESF devrait protéger 20 à 30% des dettes italiennes et espagnoles grâce à un système d'assurances. Par ailleurs, les ministres ont déclaré que le renforcement sera mis en place début 2012. Par conséquent, les hausses importantes des marchés européens montrent une chose : les mesures qui ont été prise diminueront les risques de crise du secteur financier sur le court terme. En revanche, il est indispensable de rester prudent sur les marchés puisque beaucoup de chemin reste encore à être parcouru par l'Europe avant d'être tirée d'affaire. Sur la semaine, le CAC40 est en hausse de 11,14%, le Dax30 à +11,39% et l'EuroStoxx50 à +11,38%. Le Footsie100 affiche les performances similaires avec +7,82%.

Outre-Atlantique, les marchés ont bien entendu été stimulés par l'annonce des banques centrales, mais plusieurs autres nouvelles positives à propos de l'économie américaine ont été publiées. La réussite inattendue du « black Friday » ainsi que de la hausse conséquente du moral des investisseurs laissent entrevoir des jours moins sombres pour l'économie américaine, puisque la consommation n'est pas aussi faible qu'attendu par les économistes. Par ailleurs, les statistiques des secteurs clés de l'économie sont ressorties en demi-teinte cette semaine. Le secteur de l'immobilier se porte bien avec des ventes de logements neufs et de logements « en cours » plus hautes que prévue pour le mois d'octobre. L'activité manufacturière se porte bien également puisque l'ISM manufacturier est ressorti à 52.7 points ce qui indique une expansion et non une contraction. En revanche, le marché de l'emploi est plus mitigé : si l'enquête ADP fait état de 206 000 créations de postes, les nouvelles demandes d'allocation-chômages sont repassées au-dessus du seuil des 400 000. Par conséquent, la publication des non-farm payrolls cet après midi donnera une idée précise de l'état de ce secteur. Dans ce contexte, en variation hebdomadaire, le Nasdaq Composite gagne 6,75%, le S&P500 est en progression de 7,13% et le Dow Jones Industrial Average est hausse de 6,77%.

Enfin coté asiatique, les marchés ont célébré les nouvelles en provenance de l'Amérique et de l'Europe. En revanche, les dernières statistiques économiques du continent asiatique laissent les opérateurs songeurs. Bien que certaines d'entre elles aient été ignorées par les marchés, elles montrent quand même que le moteur mondial de la croissance est progressivement affecté par la crise européenne. Les chiffres macro-économiques japonais sont ressortis décevants : le chômage est monté à 4,5% et la consommation des ménages a chuté de 0,4%. Les indices asiatiques ont profité également de la décision de Pékin d'abaisser de cinquante points de base le ratio des réserves obligatoires du secteur bancaire afin de relancer la croissance et de faciliter l'accès au crédit. En effet, la production manufacturière apparaissait en ralentissement avec un indice PMI chinois qui tombe à 49 contre 50,4 pour le mois précédent. Cette mesure devrait favoriser la croissance en Chine et encourage la consommation. Sur la semaine, le Nikkei 225 gagne 5,93% et le Hang Seng +7,64%.

Forex : Sur le marché des devises, la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro continue de dicter la tendance cette semaine. Malgré la volonté des dirigeants européens de résoudre au plus vite cette crise, force est de constater que la crise actuelle s'installe dans la durée au vu de sa complexité.

Les dernières avancées sur la crise ont mis en évidence la limite du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour faire face à la crise actuelle poussant les responsables européens à se tourner vers l'aide d'autres institutions tel le Fonds Monétaire International (FMI). Ce dernier permettrait en effet de fournier des fonds supplémentaires pour relancer l'économie de la zone alors que les récents chiffres économiques en provenance de la zone euro renforcent les inquiétudes des investisseurs.

La contagion au sein des pays de la zone euro est bien présente et touche désormais les pays moteurs de la zone. L'Italie, troisième puissance économique de la zone euro affiche un taux de chômage de 8,5% pour le mois d'octobre, soit un plus haut depuis mai 2010. Par ailleurs, les taux d'emprunts de l'Etat italien atteignent des sommets pour flirter avec la barre des 8%, des niveaux intenables pour le pays. En Espagne, le nombre de chômeurs s'affiche aussi en hausse pour atteindre sur le mois de novembre un nouveau record depuis 1996 avec 4 420 millions de chômeurs dans le pays.

La France s'affiche également en position délicate alors que les agences de notation continuent de mettre la pression. Standards & Poor's a de son coté mis en garde sur un possible abaissement de la note de la France avec une perspective négative. Une telle situation pénaliserait le FESF qui perdrait lui aussi de ce fait sa note triple A. Pour rappel, le chômage en France ne cesse d'augmenter pour atteindre en octobre un plus haut depuis décembre 1999. En outre, l'agence de notation n'exclue pas dans ses prévisions une possible récession pour la zone euro dès le premier semestre de l'année prochaine au vu des derniers indicateurs économiques attestant de la détérioration de l'économie européenne. Dans ce contexte, beaucoup préconisent une intervention de la Banque centrale européenne (BCE) comme prêteur de dernier recours pour éviter un défaut des pays de la zone euro d'importance systémique.

La semaine a également été marquée par l'annonce mercredi des six principales Banques centrales mondiales d'améliorer la liquidité dans le système financier en abaissant de 50 points de base leurs taux swaps dès lundi prochain. Cette action a été bien accueillie par les cambistes et a porté les cours de la monnaie unique vers les1,35 dollar face au billet vert alors qu'elle se traitait peu de temps avant autour des 1,33 dollar. Face à ses autres principales contreparties, la tendance fut similaire ainsi en fin de semaine l'euro se négocie pour 0,8588 pence contre la devise britannique et 105 yens face à la devise japonaise.

Cet après-midi les cambistes suivront de près les chiffres mensuels de l'emploi aux Etats-Unis dans un contexte économique morose. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont progressé la semaine dernière avec 402 000 nouvelles demandes contre un consensus de 390 000. Néanmoins, l'enquête ADP a fait état cette semaine de la création de 206 000 nouveaux emplois sur le mois de novembre, soit bien plus que les prévisions des analystes qui tablaient sur 130 000 nouvelles créations de postes aux Etats-Unis. En fin de matinée, le billet vert se négocie pour 1,5676 dollar contre la devise britannique et se traite pour 77,87 yens face à la devise nippone.

Matières premières : Au chapitre des matières premières, la tendance est positive sur la semaine pour les cours du pétrole, favorisés en grande partie par l'annonce coordonnée des principales Banques centrales mondiales de maintenir une liquidité suffisante pour le secteur financier et ainsi éviter un « credit crunch ». L ‘Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a de son coté publié des stocks de pétrole brut en hausse de 3,9 millions de barils sur la semaine dernière. Dans ce contexte, le baril « Light Sweet Crude » à échéance janvier 2012 progresse pour passer au dessus de la barre des 100 dollars et se traiter autour des 100,72 dollars en fin de semaine. Même tendance pour le Brent de la Mer du Nord de même échéance qui se négocie aux environs des 109,54 dollars le baril. La tendance est également positive pour les métaux précieux avant le rapport sur l'emploi aux Etats-Unis : l'once d'or se traite pour 1 750 dollars tandis que l'once d'argent vaut 33,31 dollars.

Source : SaxoBanque


02.12.2011. 16:42


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